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  • Titouan Godere

L’ascension sociale de la petite reine.


(crédit photo: www.Rapha.cc)


Dans un précèdent article nous évoquions la popularisation du ‘’Vélotaff ‘’. Bien que le phénomène soit en pleine croissance, le vélo en France est avant tout un sport populaire, avec son mythique Tour de France et ses 15 millions de spectateurs au bord des routes. Le Tour de France est l’illustration réelle de l’engouement porté autour du vélo : un sport populaire suivi et pratiqué par un grand nombre d’amateurs. Ces dernières années, de plus en plus de pratiquants font partie des CSP+.

L’évolution du cyclisme vers un sport haut de gamme est de plus en plus perceptible. Aujourd’hui le cyclisme fait partie des sports prisés par les CSP+ qui se rejoignent tous les week-ends pour parcourir les routes de leurs régions. 


Comment ce sport populaire est devenu à la mode chez les grands patrons ?

Pour les cadres supérieurs qui ont été interrogés sur leur pratique du cyclisme, la plupart présentent comme avantages la possibilité de faire du sport en groupe et de pouvoir discuter avec des amis et des collègues. Le vélo est un sport d’intensité modéré : idéal pour socialiser.

(Source : Vélo en classe affaire/Les Echohttps://www.lesechos.fr/2017/06/le-velo-en-classe-affaires-1235227)

La gentrification du cyclisme ne s’est pas seulement construite grâce aux attraits préalablement présentés. La montée en gamme du matériel a également joué un rôle important dans l’accessibilité du cyclisme, et par conséquent a modifié la typologie des pratiquants.

En effet, le vélo de course d’aujourd’hui est un objet bien plus technique qu’auparavant et coûte beaucoup plus cher. Aujourd’hui le prix moyen d’un vélo de route est de 1 200 euros et peut atteindre 12 000 euros pour les modèles très haut de gamme. 


Cette ‘’premiumisation’’ du vélo a séduit de nouveaux pratiquants, attirés par le développement technologique. Aérodynamisme, poids, matériaux tels que le carbone ou le titane sont aujourd’hui des arguments de ventes que l’on retrouve aussi dans le milieu automobile sportif. Par ailleurs des marques automobiles de prestiges font de plus en plus de partenariat avec des marques de cycles et créent des vélos très haut de gamme pouvant dépasser les 15 000 euros (ex. Cervelo P5x Lamborghini) 

Outre l’empreinte du sport automobile, la mode est entrée dans le sport et a bousculé les codes. Finis les maillots de club cyclistes bardés de sponsors et souvent disgracieux. Leur place s’est amenuisée au profit de tenues plus sobres, élégantes et aux propriétés techniques poussées.

 Par exemple les marques comme LeBram conçue et fabriquée en France, ou Rapha en Angleterre, sont des marques qui équipent les cyclistes qui souhaitent pratiquer leur sport avec style. C’est le cas de Denis Brogniart présentateur TF1 qui s’affiche régulièrement avec de tenues LeBram lors de ses sorties en vélo dans la vallée de Chevreuse, berceau de la marque et haut lieu du vélo pour les cyclistes d’île de France. Ce phénomène dépasse même la mode, il devient une façon de concevoir la pratique du vélo. Beaucoup de marques comme Rapha cité précédemment créent des clubs avec une vision du vélo autour du partage, du style et de la performance, et participent à des épreuves amateurs sous les mêmes couleurs.

Le marché du vélo tout entier connaît une montée en gamme. Si les fabricants de textiles ont compris les nouveaux leviers pour atteindre les pratiquants aux moyens élevés. Les équipementiers aussi ont compris que les passionnés étaient capables de débourser de grosses sommes pour obtenir le même vélo que les stars du peloton.  Les cyclo sportifs (amateurs participants à des courses) s’équipent avec du matériel de plus en plus cher : d’une part du fait que le prix moyen du vélo ait augmenté, d’autre part grâce à la volonté des marques de cibler un public aisé. 

Toutefois s’il existe des vélos à plus de 10 000 euros ils restent assez rares car non adaptés à tous les niveaux, et sont d’ailleurs rarement proposés chez les vélocistes. Aujourd’hui pour acquérir un vélo haut de gamme il faudra débourser pas moins de 3 000 euros, auxquels il faudra ajouter des accessoires devenus indispensables tels que le GPS (amplitude de prix de 100 à 600 euros pour les plus sophistiqués).

 La phrase du patron du Medef Geoffroy Roux de Bézieux « cyclisme is the new golf » est vérifiable, la montée en gamme du cyclisme professionnel par l’augmentation de sa visibilité et du nombre de sponsors a modifié sa perception. L’augmentation de la technicité, de la visibilité et l’investissement de marques premium (automobile, montre …) a modifié la façon de concevoir et pratiquer ce vieux sport. La croissance du vélo électrique sera aussi un facteur important dans cette ascension du vélo vers un sport premium.

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