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  • Alizée Villeroy

L’IMPACT ECOLOGIQUE D’UN SPORT PROFESSIONNEL SURCONSOMMATEUR

Le sport a ce pouvoir incroyable de faire rêver les gens, dans le monde entier, sans distinction… Parmi les plus grands événements sportifs planétaires, la Coupe du Monde de Football et les Jeux Olympiques sont les compétitions les plus suivies : selon la FIFA, 1.12 milliard de téléspectateurs ont regardé la finale de la Coupe du Monde 2018. Pourtant, le sport professionnel n’est pas que bénéfique pour la planète, loin de là.


Le principal problème, quand on parle d’impact écologique d’un événement sportif professionnel, c’est la quantité d’émissions carbone émise. Prenons la Coupe du Monde de Football. Selon les estimations de la FIFA, 2.17 millions de tonnes de CO² ont été émis lors de la Coupe du Monde en Russie. Une baisse de 550 000 tonnes par rapport à l’édition 2014 au Brésil, mais qui équivaut tout de même au bilan carbone annuel de 200 000

français, pour une compétition se déroulant sur un mois seulement. Dans ce bilan, on remarque que 57% des émissions de gaz à effet de serre sont liés à la mobilité des acteurs : déplacement des équipes, spectateurs, membres de l’organisation, prestataires… Des trajets qui, le plus souvent, s’effectuent par voie aérienne. Un mode de transport très polluant. Lors de la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud, 17% des émissions étaient engendrés par les déplacements entre les 9 villes hôtes et les camps de base des équipes. On peut sans peine imaginer que ce pourcentage a fortement augmenté dans un pays comme la Russie, dont la superficie est quatorze fois supérieure à celle de l’Afrique du Sud.


La consommation d’énergie est un autre enjeu majeur des grands événements sportifs internationaux. En 2014, les Jeux Olympiques d’hiver organisés à Sotchi ont beaucoup fait parler : Sotchi, à l’origine, est une station balnéaire au climat tempéré, où la température au mois de février oscille généralement entre 5 et 8 degrés. Il a donc fallu une dépense considérable en énergie pour maintenir en état toutes les infrastructures olympiques : pistes de ski, patinoires… Plus récemment, en 2019, les Championnats du Monde d’Athlétisme se sont tenus au Qatar, au Khalifa International Stadium. Le mercure peut grimper jusqu’à 45 degrés, raison pour laquelle les organisateurs ont climatisé le stade, offrant aux athlètes des conditions optimales. Seul problème : le Khalifa Stadium est un stade à ciel ouvert. Les pertes énergétiques engendrées par un tel événement sont énormes.


Ventilateurs du Khalifa Stadium © francetvinfo.fr


En réalité, on se rend compte que ce n’est pas le sport qui impacte l’environnement, mais bien toute la logistique qu’on retrouve autour. Prenons la Formule 1 : elle a évidemment une image de sport très polluant. En 2019, la F1 a ainsi rejeté plus de 250 000 tonnes de CO². Pourtant, quand on y regarde de plus près, on se rend compte que les émissions liées aux moteurs des véhicules ne correspondent qu’à 0.7% du bilan total. Finalement, c’est une nouvelle fois le transport qui a le plus grand impact (45% pour le transport de matériel et 27.7% pour le déplacement du personnel et des pilotes) puis le fonctionnement annuel des bureaux, des usines et des installations.

Il est cependant important de noter que de nombreuses actions sont déjà mises en place pour tenter de répondre à ces problématiques environnementales. Par exemple, en 2016, le ministère chargé des Sports a créé, en partenariat avec l’ONG WWF France, la Charte des 15 engagements écoresponsables des organisateurs d’événements sportifs en France. Cette charte comprend notamment des instructions et conseils concernant l’alimentation responsable, la mobilité douce et active, ou encore la réduction des déchets et le recyclage. Un premier pas pour réagir face à cette urgence écologique… !






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