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  • Marie Fontaine

Le sport féminin, victime d'une stigmatisation sociétale conséquente



« Les Jeux Olympiques devraient être réservés aux hommes, leur rôle (les femmes) avant tout devrait être de couronner les vainqueurs » Pierre de Coubertin, fondateur des Jeux Olympiques modernes, prononce ces mots en 1912.


Alors que l'Éducation Physique est inscrite dans la Loi en 1882 afin de « préparer et prédisposer (…) les garçons aux futurs travaux de l’ouvrier et du soldat et les jeunes filles aux soins du ménage et aux ouvrages des femmes ».

Ce n’est qu’en 1900 que les femmes participent aux Jeux Olympiques en Tennis et en Golf. Cette nouveauté génère de nombreux avis péjoratifs. Alicia Milliat, ambassadrice du sport féminin, fonde en 1917 la Fédération des sociétés féminines sportives de France. La création de cette Fédération marque un tournant majeur du sport Féminin : en effet, lors des Jeux Olympiques d'Été de 1928, 277 femmes auront le droit de participer aux épreuves d’athlétisme aux côtés des 2 606 hommes. Même si la féminisation des disciplines sportives se démocratise doucement, la stigmatisation sociétale du sport et des femmes laisse présager un combat encore fastidieux.



La pratique du sport féminin connaît à cette époque un certain nombre d’interdictions, celle de jouer, d’arbitrer et de diriger. Le sport masculin reste malgré tout hégémonique durant 60 ans.


Depuis le début des années 90, le sport féminin connaît un tournant majeur. Les femmes prennent une place plus importante au sein des fédérations, les acteurs du monde sportif s'intéressent alors aux performances féminines. L'accès des femmes aux grandes compétitions (coupe du monde de rugby en 1991) permet aussi de gagner en crédibilité aux yeux du public français. Cette visibilité amène de nouveaux licenciés et démocratise la pratique du sport féminin. Par exemple, le rugby féminin comportait 1103 licenciées en 1990. Dix ans plus tard, on en compte 4179 inscrites. Résultat, les fédérations comptent de plus en plus de licenciées, le sport féminin dans certaines disciplines commence à se structurer.


Même si le sport féminin à la fin du XXème Siècle montre un autre visage, les réticences restent nombreuses , Il est toujours difficile pour une femme de s’intégrer au sein d’un sport traditionnellement masculin. Le rapport au corps et à l’apparence a été un frein important pour les femmes. Leur corps jugés parfois trop masculin font l’objet de nombreuses discussions houleuses. Depuis le début du XXIème siecle, l’avancé du courant féministe à permis de casser les codes sociaux et émanciper la parole des femmes. Le sport féminin bénéficie alors d’un autre regard et d’une véritable attente. Les femmes athlètes sont musclées, courageuses, intrépides et compétitrices. Serena Williams, 5eme joueuse la plus titré de l’ère de l’open avec 73 titres, est un exemple parfait, sa détermination et sa carrure imposante ont toujours suscité un engouement particulier. C’est aussi une femme qui a su revenir à haut niveau après son accouchement en 2018. Les fédérations ont intégré dans leur stratégie des politiques de développement à destination des sportives.


L’organisation de grandes compétitions internationales à l’instar de la Coupe du Monde de Football féminin en 2019 en France, tout comme la création du Tour de France féminin participe à ce renouveau. Pour preuve, les audiences TV des matchs de l’équipe de france de football et de rugby montrent une dynamique significative On constate une audience de quasiment 10 millions de téléspectateurs sur le premier match des Bleues au Mondial de rugby feminin en 2019.


Ce renouveau nous pousse à se demander si l’évolution des mentalités pourrait-elle permettre à la femme de pratiquer librement le sport de son choix ?


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