Rechercher
  • Nina Ferrand

Plongée dans le business du running : entre rentabilité et rivalité...





Le record du monde du semi-marathon est tombé ! Le mois dernier, lors du semi-marathon de Valence en Espagne, Kibiwott Kandiea établi un nouveau record avec un temps stratosphérique de 57'32''dans une course fortement disputée. L’occasion pour nous de revenir sur le poids du running aujourd’hui dans le sport et surtout sur la nouvelle génération de chaussures proposées par la plupart des équipementiers.


Un business en or


C'est un sport qui pèse deux fois plus que le football en France. Selon une étude menée par l'UNION sport & cycle, le running est pratiqué par plus de 13 millions de Français et représente un énorme marché de 850 millions d'euros par an, à se partager entre les marques. Dans ce marché, au-delà des grands leaders équipementiers, d’autres comme les organisateurs d’événements réussissent à se démarquer. En effet, attirés par ce phénomène de mode, les organisateurs sont en train de chambouler ce marché à travers la multiplication des épreuves, le naming d’événements et leurs professionnalisations grandissantes même si le Covid a marqué un véritable coup d’arrêt pour eux. Le plus actif est Amaury Sport Organisation (ASO), qui gère de nombreuses courses dont le marathon de Paris qui génère environ 50 millions d'euros de retombées pour ASO. Par ailleurs, on a vu émerger aussi une série de startup très pointues, comme le fabricant lyonnais de tee-shirts connectés Cityzen Sciences ou le breton Overstim.s, spécialiste des compléments nutritionnels. La distribution n'est quant à elle pas en reste. On dénombre environ 240 boutiques spécialisées dans le running en France, un chiffre en hausse permanente.


Cet engouement pour la longue distance prouve que la course à pied est aujourd'hui le sport à la mode.Au-delà de l'argument de la santé, valable pour le sport en général, les raisons de ce succès sont multiples. «C'est la discipline idéale pour les gens pressés puisqu'on peut l'effectuer en une heure douche comprise», explique Renaud Vaschalde, analyste sport au sein du cabinet d'étude NPD. Il ne nécessite ni infrastructure ni inscription, et ne coûte pas très cher. Quoique. A première vue, en effet, faire du running c’est simple et pas cher! Une paire de basket, une bonne dose de motivation, et voilà. En théorie, ce sont les deux seuls éléments nécessaires pour cette pratique. Seulement dans les faits, un coureur dépense en moyenne 524 euros chaque année pour cette passion.Un chiffre hallucinant quand on sait que les français dépensent en moyenne 225 € par an pour leur pratique sportive. La raison d’un tel budget? Pour améliorer leurs performances, les coureurs n'hésitent plus à mettre 180 euros dans une paire de chaussures high-tech et 200 euros dans une montre connectée.


Autre spécificité du marché, le running a réussi à prendre le virage du digital. Tous les coureurs affichent leur parcours, leurs exploits et leur progression sur les réseaux sociaux. En 2020, avec la Covid on a même vu apparaître les courses digitales, une véritable prouesse des organisateurs et un symbole de rebondissement! C'est grâce au digital entre autres que ce sport est devenu un phénomène de société.


La guerre des équipementiers


Chaque année, le marché du running représente 8,2 millions de paires de chaussures vendues soit un chiffre d’affaire de 500 millions d’euros (selon un reportage mené sur le running par Capital). Logiquement, les marques se ruent donc sur ce marché en or et se livre une guerre sans merci. Aujourd’hui, les plus plébiscités par les coureurs sont Nike, Asics, Salomon ou encore Adidas.


L’an passé, Nike a prouvé une nouvelle foisson leadership sur cemarché en sortant une chaussure révolutionnaire qui permet d’améliorer ses performances : la Vaporfly. Comment fonctionne la chaussure magique? Une lame de carbone dans la semelle qui associée à la mousse restitue de l’énergie à chaque appui, un peu comme l’effet d’un ressort. Cela permet au coureur d’économiser de l’énergie, et donc d’améliorer ses performances. Autre avantage, sa légèreté. A l’occasion de la tentative de record du monde organisée par Ineos avec Eliud Kipchoge à Vienne, le kényan était chaussé de la dernière trouvaille du fabricant américain Nike : la Vaporfly. Grâce à cet énorme coup de communication, la marque américaine a inondé le marché mondial au point d’irriter la concurrence. Une sortie qui a bouleversé le monde du running puisqu’aujourd’hui sur les grands marathons, près de 80 % des élites courent avec des Nike Vaporfly. De quoi créer de grandes polémiques au sein de la discipline, parlant de dopage technologique et provocant des modifications de règlement.


Un an après le bilan est simple: «les chaussures magiques» sont toujours là, elles se sont simplement adaptées aux nouvelles normes imposées par la Fédération Internationale d’Athlétisme. Les autres équipementiers ne sont pas encore disqualifiés loin de là puisque le record du semi de Valence a été réalisé en Adidas avec des lames de carbone, de quoi relancer la compétition entre les équipementiers pour les années à venir...

23 vues0 commentaire

EN TERRAIN CONNU

© 2020 par l'équipe d'En Terrain Connu. Site créé à l'aide de Wix.com

Pour recevoir notre newsletter

  • Instagram - Black Circle
  • LinkedIn - Black Circle