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  • Eloane Roche

Sport automobile au féminin : il est temps de passer la seconde !

Lorsque l’on évoque le sport automobile, nous avons tous tendance à penser aux pilotes, aux voitures, éventuellement aux directeurs d’écurie, aux mécaniciens, aux ingénieurs. Et bien évidemment, nous employons ces termes au masculin. A tort, car si cela peut surprendre les plus machos, bon nombre de femmes ont occupé ces postes. Susie Wolff, Leena Gade et Tatiana Calderón en sont la preuve, voici leur portrait.



Susie Wolff, de pilote de réserve à directrice d’écurie

Susie Wolff, née Stoddart, est une ancienne pilote britannique. Après quelques années de compétition en DTM, où elle fut d’ailleurs la première femme à marquer des points, Wolff fait son entrée en Formule 1. Elle intègre en 2012 l’écurie britannique Williams Racing en tant que pilote de réserve. Au cours des trois années passées au sein de l’écurie, elle prendra part à quatre sessions d’essai libre. Si Susie Wolff prend sa retraite sportive en 2015, c’est au début de la saison 2018/2019 qu’elle fera son grand retour sur les circuits. Elle devient alors la directrice de Venturi, l’écurie monégasque de Formule E. C’est sous sa direction que l’équipe signera sa première victoire.

Par son parcours, Susie Wolff montre qu’une femme peut s’impliquer au sein d’une écurie automobile que ce soit comme pilote ou comme directrice.



Leena Gade, trois fois victorieuse des 24 Heures du Mans


La Britannique Leena Gade est à la fois ingénieure de course et ingénieure en aérospatiale. Gade va révéler son talent lors des 24 Heures du Mans. Après une première participation en 2006, elle intègre en 2007 l’une des écuries les plus importantes de l’époque : Audi Sport Team Joest. C’est quatre ans plus tard qu’elle marquera l’Histoire en devenant la première femme ingénieure à gagner les 24 Heures du Mans. Cette victoire n’est pourtant que le début de son parcours en endurance. Toujours ingénieure en chef d’une des trois Audi R-18, Gade gagnera à nouveau les 24 Heures du Mans en 2012 et 2014. Son travail accompli lors de la saison 2012 lui vaudra d’être nommée « Men of the year », homme, ou plutôt femme de l’année, par la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA). En cette même année, son écurie est sacrée championne du monde d’endurance.

Leena Gade est à ce jour la seule femme ingénieure à compter autant de victoires au Mans et sur l’ensemble du championnat du monde d’endurance.



Tatiana Calderón, de la monoplace à l’endurance



Tatiana Calderón est une pilote évoluant actuellement au sein du championnat japonais de monoplace, la Super Formula. Présente sur les circuits européens depuis 2011, la Colombienne n’a jamais remporté de course ou de championnat. Sa régularité et ses quelques coups d’éclat lui ont tout de même valu d’être repérée par Frédéric Vasseur, directeur de Sauber F1 Team. Il lui confiera le rôle de pilote de développement pour la saison 2017, puis celui de pilote essayeur à partir de 2018. La saison sportive 2020, pourtant complexe du fait de la situation sanitaire, va lui offrir un nouveau projet : celui de participer aux 24 Heures du Mans au sein d’un équipage 100% féminin. Avec l’aval de Sauber, Calderón accepte. Le pari est gagnant puisque, engagées sur l’ensemble de la saison d’ELMS (European Le Mans Series) elle et son équipe finiront 10ème (sur 15 engagés en LMP2) et signeront un top 10 en finissant 9ème de leur catégorie et 13ème du classement général.

Si l’avenir de Tatiana Calderón semble compliqué en monoplace, elle pourrait se tourner vers l’endurance, discipline qui semble plus ouverte à l’accueil des femmes.





Au-delà de leurs performances sportives, les trois femmes ont un autre point commun. Elles sont membres de la commission « Women in Motorsport ». Cette commission créée en 2009 par la Fédération Internationale de l’Automobile a pour mission de promouvoir la place des femmes dans le sport automobile, et ce, quel que soit le poste. La mise en place de cette commission peut passer pour de la discrimination positive mais semble nécessaire pour faire bouger les choses. Selon la FFSA, sur les 60 000 licenciés de la fédération française du sport automobile en 2018, seulement 3 333 sont des femmes, soit tout juste 5%. Ce chiffre recense uniquement les femmes pilotes.


La remise en question de la place des femmes dans le sport automobile accompagne la question de la place des femmes dans la société. Ce sujet est avant tout un sujet sociétal. Il est donc difficile de savoir si le fait d’avoir une ou plusieurs femmes dans une écurie automobile a des avantages sur le plan économique. Certains estiment que cela présente un atout, que cela attire les sponsors et la presse. D’autres, au contraire, pensent que les sponsors vont fuir par peur d’un manque de résultats ou tout simplement parce qu’ils estiment qu’une femme n’a pas sa place dans ce milieu dit masculin. Il faudra donc encore patienter quelques années pour connaître l’impact économique de la présence féminine dans le sport automobile.

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